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11月12日 2012, «une relecture moderne du mythe de l'arche de Noé»Depuis Independence Day ou Le Jour d'après, Roland Emmerich est fasciné par la fin du monde. S'inspirant d'une prophétie du calendrier maya, le cinéaste a mis en scène un spectaculaire film catastrophe de 200 millions de dollars, tourné en cinq mois à Vancouver, au Canada. La production a utilisé pas moins de 500 000 tonnes d'acier pour fabriquer des décors mobiles, disséminés dans cinq studios différents, dont deux plateaux extérieurs avec des «sols mouvants». Une énorme machinerie pour un pop-corn movie réussi. LE FIGARO. - 2012 est votre troisième film catastrophe. Pourquoi êtes-vous attiré par ce genre en particulier ? Roland EMMERICH. - Après le succès d'Independence Day, je me suis senti frustré de n'être pas allé au bout de mes idées. Le genre film catastrophe était tombé en désuétude. Nous l'avons remis à la mode. Ce qui me plaît, c'est de pouvoir embrasser une multitude de destins, pris au même moment. Avec 2012, j'ai surtout voulu offrir une relecture moderne du mythe de l'arche de Noé. Quel est le premier film catastrophe que vous ayez vu enfant ? Je m'en souviens très bien. Il s'agissait de L'Aventure du Poséidon, signé Ronald Neame, en 1972. Je l'avais vu à la télévision. J'ai trouvé que c'était une très grande histoire, avec d'incessants retournements de situation. Un véritable travail d'orfèvre. Pourquoi, selon vous, voit-on sortir autant de films catastrophes post-apocalyptiques, ces temps-ci ? Je pense que tout cela est intimement lié à un certain pessimisme ambiant. Nous vivons des temps incertains, plus sombres. Les gens ont tendance à être moins naïfs, moins innocents. J'ai pris conscience de cela en voyant Je suis une légende, la troisième adaptation du roman de Richard Matheson. J'ai eu le sentiment qu'une nouvelle vague de films post-apocalyptiques était en train de submerger les écrans. Je crois que ça a à voir avec l'esprit de nos sociétés. Ces éruptions solaires qui déclenchent l'apocalypse constituent-elles une menace réelle ? Bien sûr que non ! (Rires.) Ou nous serions déjà tous morts ! Dans mon film, le discours scientifique n'est présent que pour rendre plausible l'action. Prenez les neutrinos et leur mutation déclenchée par des orages solaires. Le temps d'une explication donnée par un scientifique, les spectateurs doivent y croire. C'est l'essentiel. Pourquoi le mythe de la fin du monde vous fascine-t-il autant ? Jetez un œil sur les différentes cultures des peuples de la Terre. Un peu comme un anthropologue, vous vous apercevrez qu'il existe au cœur de chaque culture, de chaque religion, à la fois un mythe des origines et un mythe de la fin des temps. Moi, je suis plutôt fasciné par celui de la fin du monde. Et plus je vieillis, plus je m'y intéresse. Je ne sais pas pourquoi. Mais il semble que nous portions tous au fond de nous la mémoire d'un cataclysme ancien qui a failli anéantir la race humaine. Le fait de sauver un petit roquet à la fin du film est-il symbolique ou juste un trait d'humour ? Ce n'était qu'une touche amusante, rassurez-vous. Il est important qu'une bulle d'humour puisse s'élever et rendre l'atmosphère soudain moins dramatique. Surtout dans ce genre de films. Et puis, après tout, pourquoi les chihuahuas n'auraient-ils pas leur place dans l'arche de Noé ? (Rires.)
Propos recueillis par Olivier Delcroix, Le Figaro, 12.11.09 引用通告此日志的引用通告 URL 是: http://kobason.spaces.live.com/blog/cns!C873246EA6369396!32327.trak 引用此项的网络日志
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