Marc 的个人资料Nulla dies sine linea照片日志列表更多 工具 帮助

日志


11月4日

"Les Herbes folles" : une formidable remontée de sève

 
La nouvelle folie d'Alain Resnais, 87 printemps, oeil vif et talent à revendre, arrive sur nos écrans. Les Herbes folles sont l'un de ses plus beaux films. Une étourdissante leçon de liberté et de fantaisie. Un exercice de haute voltige, adapté d'un beau roman de Christian Gailly (L'Incident, Editions de Minuit, 1996), mais qui n'a pas volé son nouveau titre : comme les herbes folles, le film semble avoir jailli par incongruité poétique au beau milieu d'un monde hostile, ensemencé par la grâce, poussé par l'esprit qui souffle où il veut. C'est d'ailleurs, du moins en apparence, une histoire d'amour insolite et légère, qui réunit un couple drôlement improbable.
 

Elle, c'est Marguerite Muir (Sabine Azéma), célibataire entre deux âges à la frimousse enfantine, tignasse rouge ébouriffée roulant en voiture décapotable jaune, collectionneuse de chaussures de marque, dentiste de profession et pilote de Spitfire. Une bourrasque de charme échappée d'un comic book. Lui, c'est Georges Palet (André Dussollier), sexagénaire à la retraite installé auprès d'une femme aimante dans un coquet mais décrépit pavillon de banlieue, attelé au bricolage domestique comme à un expédient thérapeutique, cachant de fait sous la routine à laquelle il s'astreint un lourd secret qui le profile comme un probable danger public. Le feu sous la cendre.

C'est un portefeuille qui va raviver ce feu. Il a atterri dans le parking souterrain d'une galerie commerciale, après que Marguerite se le fut fait voler en sortant d'une boutique. Il attendait pour ainsi dire Georges, qui tombe dessus en reprenant sa voiture. Tandis qu'il découvre les papiers d'identité, une curieuse idée s'impose à lui avec la force de l'évidence, qui se transformera en dangereuse obsession : rencontrer sa propriétaire, dont il semble déjà épris. De ce hasard changé en nécessité découle un fleuve de péripéties servies par une mécanique précise, enjouée, flirtant avec l'absurde, l'inquiétant et le merveilleux. Discrètement émancipée des règles du réalisme, sans pour autant verser dans le surréalisme abracadabrant, cette histoire invite le spectateur à s'engouffrer dans ses absences, à pénétrer ses mystères, à partager ses indécisions.

"Elle est crevée"

C'est que la piste est sinueuse et que rien n'y avance comme on s'y attendrait. Un vaudeville mené par le démon de midi ? Mais non, puisque la femme de Georges (Anne Consigny) est invitée à y participer. Un polar mettant en scène un serial killer ? Pas davantage, Georges étant le plus pacifique et le plus romantique des hommes. Une allégorie des liens invisibles qui relient la vie réelle à la vie rêvée ? Peut-être, mais pas seulement. Alors quoi ? Plus sûrement un film-somme, un film-monde, caverne hétéroclite éclairée par une lumière souterraine, dans laquelle Alain Resnais fait entrer, outre son goût pour l'expérimentation, beaucoup de lui-même. La bande dessinée, le roman d'aventure, le film de guerre, les procédés du cinéma muet, les pionniers de l'aviation, la magie pourpre d'une séance nocturne dans une salle de quartier, la régénération amoureuse, pour ne rien dire de Sabine Azéma... Tout un imaginaire saturé d'authentiques réminiscences qui se met aux commandes, au nez et à la barbe de deux représentants de la loi dignes de Guignol (hilarants Mathieu Amalric et Michel Vuillermoz).

Cette puissante remontée de sève - c'est ce qui rend ce film si troublant - est discrètement mais intimement mêlée à l'ombre portée de la mort. Ses signes sont partout. Dans la voix du narrateur omniscient (Edouard Baer) qui nous raconte cette histoire avec le détachement de celui qui connaît la fin de toutes choses. Dans le nom de l'héroïne, qui renvoie à L'Aventure de Madame Muir (1947), chef-d'oeuvre de Joseph Mankiewicz qui met en scène une jeune veuve amoureuse d'un revenant. Dans l'épuisement de la montre du héros ("Elle est crevée, elle en peut plus, moi non plus"). Dans la logique spectrale qui conduit le film jusqu'à son accident final. Dans le secret de Georges Palet, qui ne sera jamais levé. Et pour cause, ajouterait-on volontiers, tant l'hypothèse de son absence au monde, rendue sensible par la grâce du cinéma, est tentante. C'est que la conquête de l'inconnue recouvre ici la familiarité avec l'Inconnu.

Il faut le dire avec infiniment de tact et de circonspection, mais ce film dont le génie consiste à avoir un pied dans l'enfance et un autre dans la tombe ressemble à un adieu d'une folle élégance, d'une bouleversante sérénité.

André Dussollier et Sabine Azéma dans le film français d'Alain Resnais, "Les Herbes folles".

评论

请稍候...
很抱歉,您输入的评论太长。请缩短您的评论。
您没有输入任何内容,请重试。
很抱歉,我们当前无法添加您的评论。请稍后重试。
若要添加评论,需要您的家长授予您相应权限。请求权限
您的家长禁用了评论功能。
很抱歉,我们当前无法删除您的评论。请稍后重试。
您已超过了一天之内允许提供的评论数上限。请在 24 小时后重试。
因为我们的系统表明您可能在向其他用户提供垃圾评论,您的帐户已禁用了评论功能。如果您认为我们错误地禁用了您的帐户,请联系 Windows Live 支持部门
完成下面的安全检查,您提供评论的过程才能完成。
您在安全检查中键入的字符必须与图片或音频中的字符一致。

若要添加评论,请使用您的 Windows Live ID 登录(如果您使用过 Hotmail、Messenger 或 Xbox LIVE,您就拥有 Windows Live ID)。登录


还没有 Windows Live ID 吗?请注册

引用通告

此日志的引用通告 URL 是:
http://kobason.spaces.live.com/blog/cns!C873246EA6369396!32125.trak
引用此项的网络日志