個人檔案Nulla dies sine linea相片部落格清單更多 ![]() | 說明 |
|
10月28日 Eric Besson a-t-il bien lu Vialatte ?” (…) La grande loi, dans tous les domaines, l’art, les lettres, la vie sociale, est l’absence de règle du jeu. Elle amène tous les paradoxes. En Algérie on ” (…) La grande loi, dans tous les domaines, l’art, les lettres, la vie sociale, est l’absence de règle du jeu. Elle amène tous les paradoxes. En Algérie on s’entretue entre gens qui crient “Vive l’Etat !” et gens qui crient “Vive la Nation”. On arrive à des situations où la police est obligée de protéger le rebelle qui chante l’hymne de la rébellion et de charger le Français qui chante La Marseillaise ! On entend craquer la patrie qui s’arrache l’aile elle-même, situation jamais vue (…) A force de grandir moralement et de diminuer physiquement, la France finira par avoir une langue qui figurera au répertoire des curiosités exotiques pour maniaques de raretés choisies (…) Le style est la règle du jeu. Il ne peut rien y avoir sans style. Le style n’est pas tout à fait mort, il tourne à vide. Nous en sommes au style de l’informe (…) Dater de soi est une illusion. Tout l’art et toute la civlisation consistent à savoir choisir ses aïeux. Peut-être était-il bon que les Gaulois fussent les aïeux des Balubas. Les Balubas ont tort de les manger. Ils n’en trouveront pas d’aussi tendres. On a les aïeux qu’on mérite. Et c’est ainsi qu’Allah est grand”
Cette chronique d’Alexandre Vialatte, en date du 13 décembre 1960 intitulée “Nos Aïeux les Gaulois” a été exceptionnellement refusée par la direction de La Montagne “pour des raisons politiques” précise une note de l’éditeur de Chroniques de La Montagne (Bouquins/ Laffont). Tiens, pourquoi ressusciter le grand, l’exquis, l’indispensable, le nostalgique et parfaitement réactionnaire Vialatte aujourd’hui ? En principe, il n’y a pas de saison pour ça, c’est valable par tous les temps, ça marche sous toutes les latitudes. Sauf que cette fois, la citation est intéressée. Elle est destinée à susciter l’édification et, rêvons, la réflexion de notre ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, Eric Besson, l’homme au masque de traître de comédie, né et élevé au Maroc d’une mère d’origine libanaise, petit-fils de Ferny Besson, laquelle était la tendre amie d’un certain … Alexandre Vialatte. Celui-ci, parrain d’Eric Besson, dédicaça Les Fruits du Congo à son filleul.
Le ministre vient d’annoncer son intention de lancer un vaste débat sur les valeurs de l’identité nationale, avec pour objectif de « réaffirmer la fierté d’être français », thème central de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Et pourquoi pas un défilé de French pride sur les grandes avenues des principales villes du pays tant qu’on y est ? Après discussions avec les parlementaires et les « forces vives » du pays, un colloque de synthèse devrait se tenir sous les auspices de son ministère en janvier ; parmi les idées du ministre de l’Immigration, faire en sorte que tous les jeunes Français aient une fois au moins dans l’année l’occasion de chanter “La Marseillaise”. Le filleul ira-t-il jusqu’à y faire célébrer le génie tranquillement auvergnat de son parrain? C’est ainsi qu’Allah serait grand.
![]() Pierre Assouline, La république des livres, 27.10.09
引用通告此內容的引用通告是: http://kobason.spaces.live.com/blog/cns!C873246EA6369396!32014.trak 引述這則內容的部落格
|
|
|